Trappes, symptôme d'une République fracturée
24 octobre 2024
Un salaud, un fou, un raciste …Les mots ne manqueront pas pour qualifier l’assassinat perpétré à Trappes.
On va, à l’unisson, dénoncer l’horreur et la barbarie raciste. Mais qui osera rappeler que les salauds expriment d’autant plus volontiers leurs pulsions que l’atmosphère, l’ambiance, les discours tenus par des soi-disant sachants l’y préparent. Que ces discours font bouger les limites entre le possible et l’interdit.
Qui peut prétendre, qu’évoquer la préférence nationale ne sera pas interprété par ces salauds, ces fous, ces racistes comme une invitation à aller au bout de ce qui sous-tend cette classification d’un autre âge ?
Qui peut contester que la valorisation des identités, souvent inscrite dans un projet soi-disant émancipateur, se fait contre l’Autre, le différent, devenu coupable ?
L’assassinat de Trappes est le symptôme d’une République en risque d’éclatement. Aux extrémités de notre échiquier politique, il se trouve des hommes, des femmes qui leurrent nos concitoyens en leur faisant croire que l’étranger, le noir, le juif, l’arabe seraient la source de tous leurs maux. Ils s’alimentent mutuellement, et portent une lourde responsabilité. Nous ne pouvons que leur rappeler que les mots peuvent tuer, ils l’ont déjà fait.
Gilbert Abergel
Président du Comité Laïcité République