Par Gilbert Abergel, président du CLR national
L’indécence est à son comble. Alors que des milliers, des dizaines de milliers d’iraniens donnent leur vie depuis 40 ans pour vivre libres, nous assistons, à longueur d’éditions, à des reportages sur l’augmentation du prix des carburants. Nos concitoyens, si fiers de leur histoire, de l’universalisme de leurs valeurs ne seraient donc pas prêts à payer leur plein quelques dizaines de centimes de plus pour permettre à nos sœurs et nos frères en humanité de se débarrasser de cette dictature religieuse, une des plus sanglantes que l’on ait connue. A ces plaintes sur l’augmentation de ces prix, se joignent, avec quelques malices, ces pourfendeurs éternels du « Satan américain », prévoyant, voire souhaitant, que le pouvoir iranien sorte vainqueur de cette guerre.
Nul n’est dupe des intentions américaines, à vrai dire, nul ne les connait. Mais chacun sait que, si les mollahs devaient se maintenir au pouvoir, glorifiés par ce qu’ils présenteraient comme une victoire de leur dieu, le sang coulerait à flots, les prisons se rempliraient, l’obscurantisme triompherait.
Depuis que le monde entier a pris connaissance du courage de ces femmes et ces hommes descendant dans la rue pour revendiquer leur liberté, nous n’en finissons pas de prédire la fin de ce régime détestable. Mais quand ? Nul ne saurait le dire. Être convaincu de sa fin prochaine ne doit pas suffire à apaiser nos consciences. Cette certitude peut même avoir un effet démobilisateur. Notre impuissance manifeste devant ce qui se joue ne doit pas nous enfermer dans un silence dont profitent ces imposteurs espérant gagner à leur misérable cause les voix de ceux qui de loin, de très loin, protégés par notre République, manifestent leur soutien à cette dictature religieuse.
Pas un citoyen épris de liberté ne peut se taire. Ce régime doit tomber.