Laïcité, espace public/sportif, mémoire collective : halte à l’instrumentalisation politique !
Par Elie Puigmal, le 18 mai 2025
Dans notre République indivisible, laïque, sociale et démocrate attachée aux valeurs et principes d’égalité, de neutralité, de fraternité, d’humanisme, d’universalisme certains symboles ne devraient jamais être utilisés à des fins idéologiques de politique politicienne.
Or, c’est bien ce qui se produit à Perpignan. Le maire Louis Aliot, membre du Rassemblement National, vient de nommer un parc public/sportif du nom de Pierre Jonquères d’Oriola, double champion olympique en saut d’obstacles (1952 à Helsinki et 1964 à Tokyo). Pierre Jonquères d’Oriola est une figure majeure de l’équitation française. Il a été candidat aux élections européennes de 1979 sur la liste Eurodroite du Parti des forces nouvelles (PFN), puis membre du Front National (FN).
Si nul ne conteste les exploits sportifs de M. d’Oriola, il est légitime de s’interroger sur les motivations profondes d’un tel choix. En décidant d’associer l’esprit de l’Olympisme, synonyme de dépassement de soi, d’universalité, d’humanisme, de paix et de fraternité, à une figure ayant porté les couleurs d’un parti connu pour ses discours de division, d’exclusion, de stigmatisation, de racisme, d’antisémistisme, de xénophobie, d’homophobie, là la ligne rouge est franchie.
Il ne s’agit pas ici de réécrire l’histoire, mais de rappeler que l’espace public/sportif – et a fortiori les lieux dédiés à la jeunesse, au sport et à la cohésion sociale – ne doivent en aucun cas être instrumentalisés pour légitimer des idéologies contraires aux valeurs républicaines.
La laïcité, ce principe fondamental garantit la neutralité de l’État, impose une vigilance constante face à toute tentative d’entrisme idéologique, qu’il soit religieux ou politique. Là, le maire, agent de l’Etat, s’affranchit du principe de neutralité.
Nommer un parc public/sportif en hommage à une personnalité dont l’engagement politique fût ouvertement lié au Front National, n’est en aucun cas un geste neutre et d’apaisement. C’est une déclaration et un signal adressés à la population, pour le moins inquiétant. Doux euphémisme.
La mémoire collective se construit sur des bases saines et légales. Elle façonne l’imaginaire des générations futures. Associer l’espace public/sportif – pilier de l’émancipation et de la construction individuelles et du cadre commun de vie – à un nom porteur d’une idéologie de repli, c’est trahir l’idéal républicain.
Nous appelons donc les citoyennes et citoyens attachés aux principes de laïcité et aux valeurs de la République Liberté, Egalité, Fraternité, d’universalisme, d’humanisme et d’inclusion à refuser et à dénoncer cette dérive malsaine dont le cheval de Troie idéologique du FN/RN travestit et trahit la mémoire collective.
L’espace public/sportif ne peut souffrir d’être vu comme une vitrine idéologique.
La République n’est pas à vendre, par secteur, comme un bien immobilier.
La République est indivisible, laïque, sociale et démocrate.