Par Elie Puigmal, le 15 décembre 2025
Fin 2025, une actualité locale a mis le feu aux poudres autour d’un sujet sensible : la neutralité de la communication publique.
Les faits (simples, vérifiables)
Dans le bulletin municipal “Saleilles Infos – novembre 2025”, un encart annonce un sondage destiné aux parents dont les enfants sont scolarisés au collège Saint-Pierre-La-Mer (Saint-Cyprien), afin d’estimer le nombre de jeunes concernés par le transport en bus, avec l’objectif d’obtenir des arrêts de bus sur Saleilles. L’encart mentionne un accès au sondage via un QR code.
La réaction de la FCPE 66
Dans un communiqué, la FCPE 66 dénonce ce qu’elle considère comme un acte “contraire à la laïcité”, estimant qu’une municipalité ne devrait pas accompagner des familles “vers l’enseignement privé” ou donner l’impression de le favoriser, surtout dans un contexte de débat récurrent sur l’école publique.
Le cœur du problème : la neutralité, pas le transport
Il est important d’être clair : la question du transport peut être légitime (sécurité, temps de trajet, logistique des familles).
Le point de friction, lui, porte sur le rôle d’une collectivité : quand un message municipal concerne un établissement privé nommément, certains y voient une rupture de la neutralité — ou au minimum une maladresse de communication — dans un domaine où l’égalité de traitement est attendue.
Ce que la laïcité exige, concrètement, dans la communication publique
Sans faire de procès d’intention, une ligne de conduite s’impose aux acteurs publics :
- éviter toute communication pouvant être interprétée comme une promotion d’une option scolaire particulière ;
- privilégier des messages universels, centrés sur le service (transport, sécurité, accès), et non sur une structure identifiée ;
- quand un besoin de transport existe, poser le sujet en termes d’intérêt général et de compétence (autorité organisatrice, réseau, conditions, critères), de manière transparente.
Une issue constructive (plutôt que la polémique)
Le débat gagnerait à sortir du réflexe “camp contre camp”. La bonne méthode est simple :
- établir les besoins de transport de façon globale (tous les élèves concernés, quels que soient leurs établissements),
- préciser qui décide (commune / intercommunalité / réseau / département selon les cas),
- publier une réponse factuelle : critères, faisabilité, calendrier, alternative.
CLR66 soutient une position cohérente : la laïcité protège. Elle protège les familles, les élèves, et aussi les institutions publiques, qui doivent rester au-dessus de tout soupçon de favoritisme.